Version Française

En ce qui concerne les déclarations de l’artiste.

Dit simplement, le but de son œuvre est « de donner au spectateur matière à penser, et d’ajouter un peu de couleur à notre vie ». Dans ses tableaux, qui constituent depuis un certain nombre d’années l’essentiel de son travail, il utilise d’autres matériaux plus conséquents que la peinture. En effet, le sentiment de l’artiste est « non pas de créer une image de quelque chose,  mais de créer quelque chose en soi, point barre. Et plus vous diversifiez les matériaux utilisés, plus vous allez dans ce sens, vers le plus concret ». Par ailleurs, cette tendance à utiliser, disons, tout ce qu’il faut, plutôt que de se limiter au nom d’une soi-disant quête mystique d’une ‘singularité’, est emblématique d’une partie essentielle de la philosophie de l’artiste. C’est à dire : lorsque se pose une question d’importance humaine, l’on doit comprendre, et répondre, qu’ « il s’agit d’un ensemble de choses ».

L’œuvre de l’artiste est en partie figurative mais pour l’essentiel est abstraite. En ce qui concerne les déclarations de l’artiste, ou, ce que son œuvre signifie, il nous dit « Ce qui réellement en découle est la chose suivante: connaître le sens que recèle un œuvre d’art n’est pas le plus important. L’essentiel est qu’une œuvre soit suffisamment bonne pour qu’elle vous incite à vous arrêter devant elle et vous fasse réfléchir sur sa signification… peut-être vous entraîner dans une réflexion sur la vie. Que pourrait bien faire d’autre une création sans objectif pratique ?»

Début, Impressions Initiales

L’artiste prétend ne pas avoir d’aptitude naturelle pour le dessin et la peinture. Selon lui, il a dû apprendre dans la douleur ce qui est nécessaire pour respecter les critères techniques et esthétiques, de manière empirique, par essais successifs. Il déclare : « Ironiquement, j’ai le sentiment que la principale qualité d’une bonne partie de mon œuvre initiale est qu’elle n’a pas l’aspect caractéristique que revêtent les peintures exécutées par un artiste naturellement doué pour la peinture ou l’illustration. Ce qui me fait dire ceci, c’est le sentiment que j’ai que si la qualité d’une œuvre ne réside que dans la mise en pratique de cette aptitude naturelle, l’œuvre rate son but. L’œuvre doit en tout premier lieu exprimer quelque chose digne d’intérêt pour le spectateur et doit posséder l’indispensable impact émotionnel afin que ce dernier puisse ressentir cet intérêt. Ainsi, quand un artiste tente d’exprimer quelque chose en lien avec la vie, j’aimerais croire que ce travail provient de quelqu’un qui en connaît plus sur les expériences de la vie que ce que donnerait un diplôme des Beaux Arts basé sur son seul talent de dessinateur. En définitive, peu importe le sujet de ce que l’on cherche à exprimer, il doit y avoir des raisons de l’inspiration, faute de quoi réaliser avec succès un œuvre d’art n’est pas possible ».

La peinture interface

Poorly InformedSelon l’artiste:

Après avoir réalisé des œuvres sur des thèmes variés depuis de nombreuses années, en suivant toujours une ligne conduisant selon moi à un art véritable (voir paragraphe « Des critères d’art », ci-dessous), une idée m’est venue à l’esprit, une idée que tout artiste espère avoir à un moment donné pendant son parcours artistique. Comme je l’ai dit dans le paragraphe « Des critères d’art », une bonne œuvre d’art doit respecter certains critères visuels sur le plan artistique, et doit absolument montrer un fond humain sincère, mais il n’est pas nécessaire qu’elle porte en elle une idée de nature « théorique ». Néanmoins, le but ultime d’un artiste est de rendre compte des deux, c’est-à-dire, trouver l’idée qu’il pense être particulièrement signifiante et la porter vers le spectateur avec l’efficacité visuelle à laquelle nous faisions allusion ci-dessus.

Pendant que je réalisais ma première peinture interface, j’ai ressenti le choc d’une telle idée, ce qui m’a surpris, car je pensais que cela ne m’arriverait pas. En fait, comme je le démontre dans le paragraphe « Des critères d’art » mentionné ci-après, une telle idée n’est pas indispensable pour réaliser une bonne œuvre d’art, mais qui plus est, on doit même l’éviter si l’idée laisse pour compte un intérêt visuel, qui est tout simplement le critère de base pour un art dit visuel. Ceci étant dit, j’ai senti qu’une telle idée m’était apparue un jour, donc je travaille exclusivement sur ce que j’appelle de la « Peinture Interface ».

La peinture interface, expliquée

Auguste Compte, père de positivism

Par T.L. Mann

Avant propos:

À un certain moment de l’évolution de l’Homme, son esprit est venu de l’inconscient, comme par exemple celui d’un chien, vers le conscient, dans le sens que nous, les humains, attribuons à nous-même : nous réfléchissons sur notre existence. Seul l’homme en est capable. Aucun animal, chimpanzé, dauphin, etc. ne le peut. S’il le pouvait, il nous l’exprimeraient dans quelque langage que ce soit à leur disposition: un singe s’efforcerait de dessiner, quelque soit sa difficulté, des figures évocatrices dans la poussière, un dauphin, avançant sur le bout de sa queue, sentant un dessein, tracerait de manière délibérée des signes intrigants —quelque chose, n’importe quoi, de manière à communiquer le même piège existentiel dans lequel nous nous trouvons en tant qu’être humain, à savoir : « avez-vous un quelconque fichu indice sur ce qui se passe ? ».

En raison de ce point transitionnel qui a été franchi dans notre évolution passée, il n’est pas surprenant que nous observions aujourd’hui en nous une très grande complexité au niveau neurologique, la plus notable étant notre conscience-subconscience, le trait de notre esprit le plus important et responsable autant que n’importe quoi d’autre dans ce qui nous rend humains : irréductible —autant que l’on puisse en être conscients— par nous mêmes ou n’importe qui d’autre pour toute identification ou compréhension finale. Bien sûr la complexité s’étend aussi bien jusqu’aux manifestations extrêmes de notre nature psychologique, mais il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans cette direction en vue de cet exposé dont le sens est d’offrir une idée derrière la Peinture Interface.

La peinture interface

L’idée derrière la peinture interface provient de cette partie de notre nature à laquelle nous avons fait allusion ci-dessus, qui est éternellement insaisissable d’une quelconque manière absolue, incarnée on pourrait dire, par un pont, ou interface, insaisissable et non visible. Les tableaux représentent ce pont et nos côtés physiques et psychologiques que ce pont relie. Ces côtés, cette dualité: pensée-corps, corps-esprit, peu importe comment tu voudrais le décrire, est, bien entendu, un sujet vieux comme la nuit des temps et est fondateur de toutes les grandes religions et philosophies du monde, par conséquent, l’idée derrière les peintures interfaces était difficile de louper. Essayer de saisir l’interface elle-même et l’interpréter à travers toi-même est, cependant, une autre histoire. En effet, à cette expérience s’ajoute la complication supplémentaire de la nature dichotomique en lui-même de notre esprit—sa difficulté de saisir un sens ultime du réel, par opposition à ce qui est imaginé ou mal compris.

En ce qui concerne une explication plus « technique » des tableaux interfaces—en gros : la partie à l’intérieur du « cadre » du tableau (la partie crée par homme) représente la pensée ou l’esprit. Ce qui est à l’extérieur du cadre fait partie du monde physique, nos corps humains inclus. Le cadre lui-même, est le pont nécessaire qui relie les deux.

Le fait que le cadre soit doublé, pour ainsi dire, d’un champ intérieur, est ma tentative de mettre un doigt sur ce pont, ou interface. Si bien que l’ensemble est ce qui est important en dernière analyse, le pont—peut importe combien c’est difficile de mettre son doigt dessus—le rend finalement possible. En fait, il est responsable pour cette qualité infiniment insaisissable qui fait ce que c’est d’être humain.

  • A lire également l’article suivant sur l’interface:

À propos de l’Interface

Monet Admirerers

Admirateurs de Monet

Toute l’idée de La Peinture Interface concerne la transcendance.

Voici donc quelques mots à propos de l’impact de la transcendance sur nos vies : tous les domaines des sciences humaines sont associés par tous les académiciens au besoin fondamental des humains pour la philosophie, la religion et les arts qui dispensent leurs thèmes en guise de sujets de notre réflexion.

Si nous devons croire au discours commun des psychologues, il semble que la condition humaine, ou plus précisément, notre esprit par rapport à celle-ci, ne peut rester sans surveillance : d’abord nous sommes issus de la nature à notre naissance, lorsque nous quittons l’utérus maternel ; puis nous sommes livrés à nous-mêmes pour réfléchir sur notre vie et en faire quelque chose —à moins de la perdre —et par “la” je veux dire notre tête (pour reprendre une tournure de phrase commune). Et cette tentative de faire quelque chose de la vie peut être perçue comme une quête en vue de rétablir la forme d’un être parfaitement intégré à son environnement, cette situation originellement la nôtre dans l’utérus, parfaitement intégré à la nature. Notre état d’esprit et notre comportement normal consistent en une quête continuelle d’une orientation de vie appropriée et de la maintenir une fois trouvée. Plus qu’un besoin, cette quête d’une orientation appropriée nous conduit à notre raison même d’être —transcender la nature isolée et aliénée de nos vies en tant qu’individus et trouver un rôle avec un vrai sens à jouer dans cette vie.

Et nous sommes tous sur le même bateau.

Que l’on soit un artiste, un homme d’affaires ou un membre indistinct des masses, ‘twittant’ des invectives ‘virales’ afin d’abaisser les personnalités des média à son niveau, on s’efforce de transcender sa position terrestre, réduite à celle d’un individu esseulé au milieu de la société. L’homme d’affaires au sens si pratique peut mépriser la valeur de l’art et s’amuser (à juste titre, je suppose) de tous ces lauréats d’histoire de l’art, mais son aversion à cet effet est une reconnaissance consciente du sujet, en l’occurrence du besoin de transcendance de soi, et constitue même une forme manifeste de ce comportement à cette fin.

Waiting Room Chair

…en allant vers le solide…

En ce qui concerne le sujet de la transcendance par rapport à la Peinture Interface : comme nous en avons amplement discuté dans la présentation générale, l’interface, sous forme d’un cadre «doublé» et d’un «champ» interposé représente un pont entre nos mondes physique et spirituel. Mais plus que cela, j’aimerais ajouter les observations suivantes : en partant de l’intérieur de l’œuvre, le travail créatif de l’esprit, en direction de l’interface, ou cadre, vous gagnez le solide, comme une recherche de quelque chose qui tout simplement ‘est’ —sans que vous ayez à vous poser de question —quelque chose de naïvement simple, jusqu’à la terre… ou peut-être même de primitif —un fétiche— sur lequel on pourrait concentrer toute son attention et se délester de toutes ces questions qui refusent de nous quitter.

Quelques mots sur les aspects plus techniques sont pertinents à ce point: le fait que l’interface (cadre) est de forme carrée ou rectangulaire est impératif et parfaitement aligné à cette solide et simple chose physique recherchée, puisque les formes à angles droits évoquent la stabilité, quelque chose sur laquelle vous pouvez vous appuyer sans qu’elle bascule pour ainsi dire. Les couleurs pures de l’interface sont associées à la simplicité que l’on pourrait souhaiter du monde physique, avec lequel l’interface fait lien et lorsque ces couleurs sont audacieuses, elles mettent l’emphase sur l’interface par rapport à l’apparence plus éphémère ou cognitivement subtile rencontré à l’intérieur de l’œuvre. Dernièrement, et c’est peut être le plus important, ils changent , (leur couleur n’étant qu’un exemple évident), comme tout autre artiste change de sujet ou de scène peinte. Souvenons-nous, c’est l’interface qui est le plus important et cet interface est tout autre chose qu’un cadre, qui a pour seul but de présenter ce qu’il entoure.

L’interface porte le principal message visuel. Le visuel restant, peut être assez divers—abstrait ou figuratif, tant que cet aspect visuel respecte la nature géométrique/thématique de l’interface. On pourrait dire que c’est ce rôle secondaire vis-à-vis l’interface qui permet au visuel restant d’être si divers. La raison derrière ceci est, premièrement, parce que l’interface (la caractéristique principale), porte, comme dit ci-dessus, l’essentiel de la responsabilité visuel, et deuxièmement, parce qu’il ne l’interdit tout simplement pas.  Finalement: est-ce seulement une coïncidence que cette tendance à exploiter, disons, tout ce qu’il y a à votre disposition plutôt que de se limiter au nom d’une soi-disant quête mystique d’une ‘singularité’, s’accorde tellement à une certaine partie essentielle de la philosophie de l’artiste; c’est à dire : lorsque se pose une question d’importance humaine, l’on doit comprendre, et répondre, qu’ « il s’agit d’un ensemble de choses ».

Dans la Peinture Interface, l’inspiration ne concerne pas tant ce qui pourrait amener quelqu’un à peindre juste une autre image qui vient à l’esprit qu’une inspiration qui, je l’espère, donne résultat à un véritable concept visuel qui apporte une contribution réelle à sa forme d’art et à l’expression artistique plus généralement. Dans un sens important, cette contribution touche même à la nature du cadre lui-même, le plus fondamental des accessoires par rapport à la peinture. Pour ceci, il faut que l’on se réfère à la nature du cadre dans son contexte historique, traditionnel. Historiquement le cadre servait à intégrer une peinture dans son environnement, ce qui, dans une certaine mesure, établit un parallèle avec ce qui se produit dans une Peinture Interface. Cependant, et je dois insister sur ce fait, l’intégration de la part de l’interface n’est pas un simple ajout ou complément esthétique tel que l’est le cadre à l’égard de son environnement. La qualité de l’interface par rapport à l’intégration est intrinsèque lorsqu’on considère sa qualité très matérielle en rapport au monde physique dont il a pour intention d’établir un lien. Enfin, par opposition au cadre, l’interface est le point de départ, ou la fondation d’une Peinture Interface dans son ensemble, dont sont issues le centre créateur et son inspiration.

Et cette intégration dans un environnement dont nous parlons—dans le cas de la Peinture Interface—il se peut que l’effet inhérent représente une transcendance même plus que complète car non seulement l’effort artistique peut être transcendantal dans son sens libérateur, pour l’artiste et pour le public qui est attiré particulièrement par le résultat de cet effort, il peut aussi aller jusqu’au point où quelqu’un «voudrait devenir une machine» (le contraire d’une libération), ainsi que l’a si bien exprimé Andy Warhol à son propre égard. La qualité inanimée et tranquille de la machine, telle qu’elle est souhaitée par certaines personnes, peut être appréciée dans ce contexte: dans la qualité solide, physique et inanimée de l’interface, ou cadre.

Pour conclure : l’Art peut fournir une sorte de transcendance, permettant un lien communicant entre les individus que nous sommes et sans lequel nous serions isolés, et donner une expression aux interrogations planétaires que nous partageons communément. C’est une interprétation générale, voire figurative, couramment exprimée à ce sujet. Mais avec la Peinture Interface, le sujet de la transcendance devient littéral, par le lien physique que l’interface établit littéralement avec le monde physique extérieur. C’est comme si les peintures n’étaient pas seulement le support de l’effet que l’art peut avoir sur nous, mais la matérialisation même de cet effet. Et cela, seule la Peinture Interface le fait, ou du moins, comme je l’ai insinué, semble le faire.

Des critères d’art

(les critères auxquels on fait référence dans l’article ci-dessus)

Le travail doit:

  • satisfaire les aspects « techniques » de l’esthétique.
  • être original dans une certaine mesure  : doit apporter une contribution ‘honnête’ à ce qui est déjà fait.
    (Par honnête, on veut dire une originalité qui n’est pas forcée ou trompeuse, ce qui semble trop souvent la seule possibilité pour arriver a quelque chose qui n’a pas déjà été fait.)
  • s’adresser à un sujet d’importance « humaine ».
    (Il n’est pas acceptable que le travail se borne à un sujet ésotérique qui ne peut concerner que le domaine de l’art propre, théorique-technique.)
  • être visuellement intéressant.
    (Il n’est pas acceptable que le travail, qui est censé être visuel, soit basé sur une idée sans avoir un intérêt visuel.)
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